Édition 2021 : Quoi qu’il en coûte

Quand la formule « Quoi qu’il en coûte » a surgi, en mars 2020, il s’agissait de sauver des vies alors que l’humanité entrait dans une pandémie mondiale. Mettant en rapport le domaine de l’économie et celui du soin, l’expression interroge sur la valeur de la vie et de la dignité humaine. Brandi et répété par le corps politique, le « Quoi qu’il en coûte », par son caractère absolu, brouille la distinction entre le coût économique du covid-19 pour la collectivité et le coût d’une mise sous respirateur, le coût de la fermeture d’un commerce, le coût de la saturation de l’espace politique par l’émotionnel, le coût psychique de l’isolement de celles et ceux qui étudient ou télétravaillent, le coût social de l’interdiction des rassemblements, le coût sentimental des amours entravées… Le monde se mesure-t-il à l’aune d’un ratio bénéfices-risques, en hiérarchisant le vivant par le prisme de l’économie et/ou de l’immunitaire ?

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En 2021, nous faisons appel à quatre nouveaux auteurs et autrices et les convions à écrire une courte pièce de théâtre sur le thème Quoi qu’il en coûte. Nous découvrirons et rendrons publics les textes de Gustave Akakpo, Claire Rengade, Michel Simonot et Lucie Vérot à l’automne.

Cette édition voit le jour grâce au soutien de la DRAC Bretagne et de la Ville de Rennes, avec nos partenaires rennais la MJC du Grand Cordel, le théâtre-MJC de la Paillette, l’ADEC-Maison du théâtre amateur, le théâtre du Cercle.
Première étape en juin 2021 à l’abbaye de Beauport à Paimpol (Côtes-d’Armor), tout à la fois monument historique, domaine naturel, espace de pensée et d’échange sur le rapport Homme-Nature, qui nous accueille en résidence de dramaturgie.

© Paola Secret

Gustave Akakpo

Enfant, Gustave A. Akakpo se rêvait explorateur, chercheur, pionnier, voyageur intersidéral aux confins de l’espace, mais au final, sa nature douillette l’amène à jeter son dévolu sur l’imaginaire, à prospecter les interstices de l’être humain plutôt qu’à aller se cailler les miches au pôle nord. Et depuis, y a du monde qui grouille dedans sa chair, des histoires qui lui retournent l’estomac et qui lui filent l’envie de hurler au sommet d’une tour. Pour ne pas finir à l’asile, il s’exerce à différentes formes d’expression artistique socialement acceptables : dramaturge, comédien, conteur, illustrateur, plasticien. Grand bien lui en a pris, ses textes sont joués en Afrique, en Europe et dans la Caraïbe, traduits dans une dizaine de langues, récompensés par divers prix et publiés aux éditions Lansman, Actes-Sud Papiers et Théâtrales.

DR

Claire Rengade

Comédienne, auteure, metteuse en scène et interprète, Claire Rengade écrit et joue pour le théâtre, la musique, le cirque la marionnette, la danse, la radio, dès que ça parle. D’abord orthophoniste, elle dirige le théâtre Craie (théâtre musique cirque) de 1996 à 2014, où elle met en scène des textes de Witold Gombrowicz, William Pellier, Annie Zadek, Patrick Kerman, Philippe Minyana, Nicolas Bouvier, puis ses propres textes à partir de 2001 (C’est comme Flash Gordon au début, Nous c’est juste des jeux, Ma plus grande pièce c’est dehors, Les terriens, Buggation…). Elle écrit en territoire et en résidence parmi les gens qui sont des pays et va au monde pour parler de lui. A partir de 2014, elle est interprète de ses textes, accompagnée de musiciens, danseurs, ou acrobates (Cheval et Claire, Lambert, Les premiers les derniers, Parabolique) au sein de La millième qu’elle fonde en 2016. Une vingtaine de ses textes et textes jeunesse sont publiés (éditions Espaces 34, éditions Théâtrales, Color Gang), et/ou joués par d’autres (opéra, rock, blues, électro, danse, radio, land art, albums, documentaire) et même en allemand. En 2020 elle co-crée le groupe pluridisciplinaire Insubmersible autour de son texte, Et insubmersible dans la seconde qui suit, récemment paru aux éditions Espaces 34.

© D. Scott

Michel Simonot

Michel Simonot est homme de théâtre, écrivain et metteur en scène. Il est également sociologue de la culture. Ses dernières publications théâtrales comprennent : Le but de Roberto Carlos (éd. Quartett, 2013) et Delta Charlie Delta (éd. Espaces 34, 2016), finaliste du Grand prix de littérature dramatique 2018, lauréat du prix Collidram 2017 (Prix de littérature dramatique des collèges), traduit en anglais, allemand, espagnol. La langue retournée de la culture, un ouvrage sur les politiques culturelles, paraît en 2017 (éd. Excès). Michel Simonot codirige le festival Bruits Blancs avec le compositeur Franck Vigroux. Il a été auteur-metteur en scène associé au Centre dramatique national Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, sous la direction d’Alain Ollivier. Il a été adjoint à la direction des fictions de France Culture. Il fait partie du groupe Petrol, avec les écrivains Lancelot Hamelin, Sylvain Levey, Philippe Malone.

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Lucie Vérot

Lucie Vérot est diplômée de l’ENSATT, formation Écrivain·e dramaturge, depuis 2017. Sa première pièce publiée, Mangrove, est parue aux éditions Espaces 34 en 2019 et Prouve-le est à paraître aux Éditions des Solitaires Intempestifs en 2021. Deux de ses textes pour adolescent·es ont été créés à la Comédie de Valence : Le Gène de l’orchidée, mis en scène en 2014 par Luc Chareyron, et Prouve-le, mis en scène en 2016 par Maïanne Barthès, qui a également créé son texte Antigone faille zero day en 2017. En tant que dramaturge, elle a travaillé à Kourou (Guyane) avec la compagnie le Théâtre de l’Entonnoir en 2017. Suite à ce séjour elle écrit Jeune qui veille et vieux qui dort et Fins de service (lauréat de l’Aide à la création d’Artcena en novembre 2020). Elle collabore avec le Saint-Denis Jazz Club en tant que librettiste de L’Opéra vert, composé par Emmanuel Bex (au TGP de Saint-Denis en mai 2021). Elle travaille à différentes commandes d’écriture, avec la compagnie Théâtre Octobre et avec la compagnie Tras, pour la scène et pour l’espace public.